Les performances des pompes à
chaleur
aquathermiques
Une caractéristique importante des pompes à chaleur sur nappe phréatique (PAC à eau) est d'utiliser l'eau à environ 12 °C provenant d'un pompage à faible profondeur dans un sous sol alluvionnaire et de rejeter l'eau de cette source dite froide à une température encore plus froide. C'est le cœur même de la PAC dans un cycle thermodynamique presque idéal, utilisant les propriétés enthalpiques de fluides caloporteurs modernes capablent d’assurer les transferts thermiques, qui permet d'obtenir ce résultat.
Le fonctionnement conventionnel d'une PAC génère un flux thermique capable d'assurer le chauffage des maisons individuelles ou des immeubles. Comme les miracles n'existent pas il faut naturellement apporter de l'énergie pour assurer le cycle thermodynamique du fluide caloporteur. Cette énergie est électrique et a naturellement un coût. Un compresseur, entraîné par un moteur électrique comprime le fluide caloporteur pour assurer le cycle thermodynamique. Il augmente la pression du fluide caloporteur alors qu'il est en phase gazeuse avant qu'il ne passe à l'état liquide dans le condenseur.
On trouve maintenant sur le marché des
constructeurs qui proposent des PAC à eau dans des gammes de puissance allant
de 20kW à 500 kW couvrant la plupart des besoins individuels et collectifs en
chauffage.
La raison pour laquelle la technologie des pompes à
chaleur sur nappe phréatique ou aspirant plus simplement l'eau de la rivière
n'est pas plus développée en France est probablement financière. Le fait que le
prix du gaz soit indexé sur le pétrole va conduire
à augmenter sensiblement le prix du gaz et être une incitation au développement
des PAC à eau en France. L'avance de l'Allemagne sur la France dans ce domaine
s'explique probablement par le fait que le gaz est 2 fois plus cher en Allemagne
qu'en France. Ces technologies étant relativement nouvelles, l’utilisateur final, qui
doit se transformer en Maître d’œuvre pour faire aboutir le projet, était
jusqu'à maintenant peu
enclin à jouer le rôle de cobaye car l’incitation financière était trop faible. De plus, il ne suffit pas que la technologie d’un produit soit
aboutie pour qu'il soit utilisé. Ces pompe à chaleur sur nappe phréatique mériteraient
en tout cas à être mieux connu. Claude Allègre n'avait pas tort de dire dans
son dernier livre que, en France, la vérité scientifique met beaucoup de temps
à être acceptée.
On dit souvent que la consommation de produits
fossiles en France se partage à part sensiblement égales entre les besoins liés
au chauffage des habitations et ceux de la consommation des moteurs thermiques
assurant le transport routier. A défaut de fournir de l'énergie mécanique, et a
fortiori de l’énergie électrique puisqu’elles en consomme, la capacité des PAC
à eau de délivrer économiquement des puissances thermiques importantes adaptées
au besoin du chauffage urbain en n'envoyant que très peu de gaz nocifs dans
l'atmosphère comparativement au gaz est très intéressante pour notre
environnement.
Il
pourrait être de notre intérêt de nous rapprocher de pays en avance sur nous
dans ce domaine.
La Suisse, l'Allemagne et le Canada font partie de ceux-là.
Ils sont de plus proches de nous sur le plan affectif.
Allons nous comme Astérix attendre que le ciel nous tombe sur la tête.
Un peu de théorie
La structure générale d’une PAC soumise à deux sources
de chaleur (dite ditherme) est donnée ci – dessous.
Grâce à l’énergie électrique We fournie à ce système, on absorbe à la source
froide (qui est à la température Tf) l’énergie thermique Wf et on rejette à la source chaude (à la
température Tc > Tf) l’énergie thermique Wc.
En
isolant le système constitué par la PAC, le bâtiment et son sous sol, on peut
dire en raison du principe de la conservation de l'énergie
que l'énergie thermique Wc dissipée par l'immeuble est égale à la
somme des énergies thermiques provenant du sous-sol Wf
majoré de l'énergie électrique We
d’entraînement du compresseur de la PAC.
Wc = Wf + We 1)
Le
COP de la PAC est par définition le rapport entre l'énergie thermique (gratuite)
et l'énergie électrique (payante) W d'entraînement du compresseur
COP = Wc / We 2)
En supposant que la machine ainsi considérée décrit un
cycle thermo dynamiquement idéal (en principe réversible),
l’application du second principe1)
au système ditherme, permet d’écrire :
Wc / Tc =
Wf / Tf
(égalité de Clausius) ou
Wc /
Wf =
Tc
/ Tf
3)
COP = Wc / We = ( Wf + We) / We = ( Wc / (Tc / Tf ) + We) / We = Wc/ We / (Tc / Tf ) + 1 = COP / (Tc / Tf ) + 1
COP - COP / (Tc / Tf ) = 1 ou COP ( 1 - 1/ Tc/Tf) = 1
ou COP = 1/ ( 1 - 1/ Tc/Tf) 4)
Cette formule importante
permet de
comparer les différents types de pompe à chaleur
suivant que l'eau le sol ou l'air est utilisé en tant que source froide pour les
transferts thermique. Elle permet en effet de se faire une idée de la façon
dont le rendement de la pompe à chaleur se dégrade lorsque la différence entre
la température de la
source chaude et celle de la source froide augmente.
Bien qu'issue de théories anciennes basées sur le principe de la
Machine
de Carnot et de fluide caloporteur tel que l'eau initialement utilisée pour les
locomotives,
elle prouve que le rendement d'une pompe à chaleur est amélioré lorsque la
température de l'eau pompée augmente ou inversement lorsque la température du
circuit de chauffage diminue (utilisation de radiateurs largement dimensionnés ou planchers chauffants basse température).
La réutilisation des radiateurs muraux des immeubles
anciens est également envisageable pour la raison qu’ils étaient largement
dimensionnés avant 1975. Le rendement peut être notablement affecté si la température requise à la source chaude est trop élevée. Sur les pompes à chaleur aquathermiques modernes, une température de sortie condensateur de 55°C entraîne un COP qui
reste supérieur à la valeur minimum admise de 3. Vu le
le coût important de l'énergie électrique il est généralement plus intéressant
en terme d'amortissement de remplacer les radiateurs en place.
1)Voir
site des élèves et professeurs du
lycée Paul Langevin (Voir page 43 les critères
de choix des fluides frigorigènes)
Voir également
comment
l'énergie thermique Wc délivrée par la pompe à chaleur est utilisée pour chauffer l'habitation.
Comprendre ce qu'il faut faire
ou forer?
Le débit nécessaire pour assurer les échanges thermiques dans la pompe à chaleur sur nappe libre ne sont pas très importants (environ 2 l/mn par kW thermique restitué).
Il y a des régions plus favorables que d'autres pour assurer la pérennité du débit. Les nappes aquifères sont continus dans les zones hachurées de la carte ci-dessous

Synoptique simplifié
de fonctionnement d'une PAC eau/eau
sur nappe libre
Evaporateur en
chaufferie avec aspiration et rejet dans la nappe libre

Synoptique simplifié
de fonctionnement d'une PAC eau/eau sur champ de sondes
Evaporateur dans la
nappe libre
Elles sont donc plus favorables que les zones non hachurés ou les aquifères peu profonds sont discontinus.
La proximité de la rivière apporte une garantie supplémentaire et
les débits disponibles sont généralement supérieurs au besoin.
Il existe même dans le sud ouest du bassin aquitain et dans le bassin parisien
des zones ayant des
aquifères raisonnablement profonds sans
discontinuité favorables à la géothermie grande profondeur avec des températures
pouvant excéder 70°C.
Données
Géothermie perspectives).(cliquer sur l'image pour l'aggrandir)

Cliquer sur l'image pour prendre connaissance avec la PAC eau eau des Mureaux
La pesanteur régit la circulation de l'eau souterraine des nappes libres qui s'écoulent lentement vers l'aval par effet gravitaire. Il est raisonnable de penser que le sens d'écoulement des nappes phréatiques suit le profil moyen de la rivière.
Dans le cas de méandres tels par exemple ceux de la basse Seine on peut s'interroger si l'écoulement se fait en suivant le profil moyen de la rivière ou si des écoulements locaux ayant des directions différentes peuvent s'établir.
Ce point est important par le fait que le forage de la source chaude doit être effectué en amont de telle sorte que l'eau plus froide rejetée par la pompe à chaleur ne vienne pas diminuer le rendement de la pompe.
Cas des maisons individuelles en zone rurale
(puissance thermique 20 à 50 kw)
|
1)
Ce qu'il ne faut pas faire |
|
|
2) Ce qu'il est préférable de ne pas faire Contrairement à la plupart des pays européens, les pompes à chaleur géothermiques vendues en France sont pour l'essentiel à capteurs enterrés horizontaux. Est-ce par crainte de ne pas trouver suffisamment d'eau dans le proche sous sol?, cette solution probablement plus économique à implanter en raison du coût des deux forages verticaux entraîne pourtant des coûts d'exploitation et une consommation électrique plus importante en raison d'un COP plus faible. Elles utilisent de l'eau additionnée de glycol au cas où le sous sol gèlerait et elle ont, toujours pour les raisons évoquées plus haut (formule 4)) un moins bon rendement. De plus elles sont condamnées en zones urbaines où le terrain est rare.
|
|
|
3)
Ce qu'il peut être
intéressant de faire |
![]() |
|
4) Ce que l'on peut
faire |
|
|
Cas des immeubles en zone urbaine (puissance thermique jusqu'à 500 kw) |
|
|
Le rendement des
pompes à chaleur forte puissance est excellent |
|
|
6) Ce que les municipalités devraient entreprendre sous le contrôle d'un organisme accrédité |
Aspirer et refouler l'eau dans le fleuve ou la rivière traversant généralement la ville |
1). Lors de l'implantation d’un parking sous terrain au lieu dit ‘’Parchamps’’ à Boulogne Billancourt 92100 dans un méandre de la Seine (voir figure 1 ci-dessus), il a fallu prévoir 4 forages verticaux avec dans chacun d'eux une pompe de 500 m3/h, soit un débit total de 2000 m3/h pour abaisser la nappe phréatique sur une surface de l’ordre de 2500 m² avant injection d’un béton d’étanchéité. (information communiqué par un ingénieur Bouygues)
On ne peut que regretter qu'à l'occasion de telles réalisations, les municipalités ne pensent pas à laisser en place certains de ces forages pour utilisation ultérieure aux fins du chauffage des immeubles situés à proximité.