Si
ce n’est le Tarn et le Lot, la basse Garonne n’a pratiquement pas d’affluent.
La propreté des
eaux du Tarn, peu polluées jusqu’à Albi, contraste avec celles de l’Agout. Le
nom de cette dernière n’évoque que trop l’égout qu’elle est devenue en aval de
Castres en raison de l’effet pervers d’une aventure industrielle de plus de
trois siècles ; filatures, tissages, teintureries, industries chimiques,
rejettent leurs déchets dans la rivière. Lorsque le Dadou, affluent rive droite
de l’Agout, rejoint ce dernier, ses eaux ne valent guère mieux que celles de
son grand frère. Même les eaux du Thoré, affluent rive gauche de l’Agout qui se
jette dans ce dernier bien en amont du Dadou, sont sujettes à caution. En
amont, de la Salvetat à Castres, l’EDF a bouleversé le cours de l’Agout mais
moins gravement que ne l’a fait la pollution en aval de Castres; les conduites
forcées enterrées n’ont pas d’impact sur le paysage et le barrage de la Raviège
offre un plan d’eau de 400 hectares pour l’évolution des voiliers. De plus, en automne
et en dehors des périodes de pluies, ceux qui n’ont pas froid aux yeux pourront,
grâce au seul lâcher d’eau artificiel de l’EDF, descendre le beau parcours
entre le barrage et Brassac.
L’Arn, petit
affluent rive droite du Thoré, dont le nom est ignoré par le guide Michelin,
est la seule rivière de la vallée de l’Agout à ne pas être polluée. Si vous
avez le goût de l’aventure et que vous aimez la solitude et les paysages
canadiens, n’hésitez pas à descendre jusqu’à la retenue de Saint-Peyres, mais
assurez-vous que le niveau d’eau n’est pas trop élevé avant de vous engager
dans ces gorges sauvages. Munissez-vous d’une pagaie de rechange et ne
surestimez pas vos possibilités, car la sortie autrement que par la rivière est
impossible dans les gorges.
Il ne reste principalement du Tarn
touristique que le parcours entre Millau et Saint Rome. Sur ce petit tronçon de
24 km, c’est souvent l'opulence du niveau d’eau, même en septembre. C’est aussi
la limpidité de toutes les sources filtrées par le Causse et qui l’alimentent.
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En
aval des boucles spectaculaires du Tarn
d'Ambialet, le bas Tarn change d’orientation comme si, dégoûté par l’Agout,
il voulait s’en éloigner. |
Les boucles du Tarn à Ambialet |
De ce fait, la partie haute entre Monteillets et
Granfuel n’est faisable qu’à la fin de l’hiver ou au tout début du printemps.
Restent les superbes gorges de Cougorbes entre Tayac et Navech ainsi que celles
de Flauzin, plus en aval, entre Port de Besse et la Garde Viaur. On peut les
descendre au printemps pour la première et toute l’année pour la seconde, grâce
au barrage de Thuriès qui turbine toute l’année.