Le dépollueur payeur ?

 

Conscient de l’intérêt des pompes à chaleur sur nappe, la Drire* commence à mettre en place  une méthodologie relative à la mise en oeuvre de  ce type de pompes à chaleur en Ile de France.  Le sous-sol alluvionnaire de la région parisienne permet en effet de penser que ce que la Drire appelle le diagnostic préliminaire sera favorable pour la plupart des immeubles anciens situés à proximité de la Seine et dans la partie crayeuse du bassin parisien. Il semble que la ressource en eau y soit très prometteuse**

 

Pour l’investisseur, un obstacle sérieux freine pour l’instant ces réalisations.

Il s’agit du projet de prélèvement éventuel de l'agence de l'eau basée sur le volume d'eau pompé et rejeté ! Ces prévisions de prélèvement sont d'autant plus inacceptables - de mon point de vue – que d'une part le même volume d'eau est rejeté dans le sous-sol et que d'autre part le rejet est le plus souvent plus froid que la température de la nappe ce qui est plutôt bénéfique en terme de dépollution. Nous serions ainsi en situation de régénérer le fragile écosystème constitué par la rivière et son sous-sol alluvionnaire. Aucun Maître d'oeuvre un tant soit peu responsable ne peut donner son accord pour un projet de cette importance si le retour d’investissement est gravement grevé par des frais d'exploitation inacceptables en raison de cette pénalité financière. On parle souvent du pollueur payeur et l'on commence enfin à en admettre ce principe. Quant au dépollueur, on ne comprend pas. Comment peut-on envisager de le pénaliser financièrement (il devrait au contraire être rémunéré!) Conscient qu’il nous va falloir réparer les erreurs passées, tout au plus pourrait-il être favorable à une imposition concernant l'adjonction d'un filtre assurant la région que l'eau rejetée est plus propre que l'eau aspirée. Cette solution permettrait à la pompe à chaleur sur nappe d’aider la phytoremédiation à régénérer plus activement notre sous sol superficiel qui en a bien besoin.

 

* Drire  :   Directions Régionales de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement.

  

** Les informations de géothermie perspectives montrent qu’une bonne partie du bassin parisien se trouve sur une nappe aquifère constituée par de la craie, roche poreuse ayant semble-t-il une perméabilité de fissures assurant un écoulement suffisant pour assurer l’alimentation en eau d’une pompe à chaleur.  Boulogne Billancourt, se trouve par exemple à l’intérieur d’un méandre de la Seine qui semble idéalement situé dans la partie favorable du bassin.  Ces informations sont corroborées par la visite d’un chantier Bouygues concernant l’installation d’un parking sous terrain de 2400 m² sur plusieurs niveaux au lieu dit ‘’Square de Parchamps’. L’ingénieur Bouygues en charge du chantier m’a tenu informé que lors des travaux de consolidation, la société Solétanche a du effectuer 4 forages à faible profondeur pour rabattre la nappe phréatique afin d’assurer l’injection de béton séparant le parking de la nappe libre. Avant l’injection, un débit total très important de l’ordre de 2000 m3/h a été nécessaire pour maintenir à sec le fond du parking situé à environ -12m. Ce débit a été assuré par 4 pompes de 500 m3/h unitaire réparties sur la surface à traiter.

Il est regrettable qu’à l’occasion de telles réalisations les puits ne soit pas laissés en place pour utilisation éventuelle ultérieure. A défaut, des investigations constituant à vérifier la pérennité du débit pourraient être effectuées en mesurant par exemple le temps qui a été nécessaire pour rabaisser la nappe. On peut penser que la pérennité de ce débit est assurée.  Le débit nécessaire au fonctionnement d’une pompe à chaleur sur nappe est en effet très faible par rapport aux débits ci-dessus. Environ 100 fois plus faible que le débit d’alimentation d’une pompe à chaleur de 200 kW suffisante pour chauffer une centaine d’appartements de 2 à 3 pièces dans un grand immeuble correctement isolé. (Environ 20 m3/h). Quant au débit moyen de la Seine à Paris de 1 080 000 m3/h  (300 m3/seconde)  il n’y a pas à s’inquiéter. Un rapide calcul permet de comprendre que si 10 millions de parisiens se chauffaient ainsi le débit de la seine serait suffisant à assurer le besoin. L’eau de la seine qui communique avec l’eau contenu dans son sous-sol alluvionnaire selon la loi de Darcy serait alors sensiblement plus froide. Les truites qui préfèrent l’eau froide mieux oxygénée, réapparaîtraient enfin dans notre fleuve pour la plus grande joie des pécheurs.