Les
microcentrales et les rivières
La rivière nous a-t-elle
déjà trop donné? Pas forcément. Elle nous a permis depuis les années 50 de
produire de l'électricité bon marché sans générer les gaz nocifs provenant de
la combustion des produits fossiles. C'est la vente de l'électricité produite
par les centrales hydroélectrique qui a permis à L'EDF de progresser et de
financer la cherche nucléaire où elle excelle maintenant. Elle nous a déjà
tellement donné que l'on pourrait douter de ses capacités de continuer à le
faire. C'est mal la connaître. Si l'on prend garde de ne pas lui demander plus
que ce qu’elle ne peut raisonnablement donner il n'y a pas de souci à se faire.
On peut s'émouvoir des quelques projets de barrages au fin de production
électrique qui reste - quoi qu'on en dise - en suspend.
Il faut se
garder de généraliser sur les nuisances provoquées par les micros centrales.
L'examen
du cas des micro centrales est fait de
cas particulier.
Certaines
d'entre elles disposées sur le bas cours des fleuves dans des bras de
dérivation ne présentent aucun inconvénient pour l'environnement. Il
y a eu aussi beaucoup d’émotion au sujet de l’installation de microcentrales
sur les petites rivières à régime glacière telle que le Gyr. En effet, la
rivière n’a pas totalement fini de nous surprendre et de nous aider. Ce qui est
essentiel dans tous ces problèmes de
prélèvement d’une partie du débit de la rivière quelque soit d’ailleurs la
motivation du prélèvement est la part
de débit laissée dans la rivière par rapport à son débit naturel. Quand la
rivière est généreuse et augmente son débit naturellement d’une façon
importante en fin de journée lors des heures chaudes de la journée, je ne vois
pas pourquoi on ne profiterait pas momentanément de ses largesses.
Il n'y a, dans le cas des
rivières à régime glacière que des avantages à prélever une partie de leur débit
sous réserve de laisser courir dans son lit un débit qui ne soit jamais
inférieur au débit naturel qu’elle avait aux heures les plus froides de la journée.
Ces rivières à eaux froides sont souvent dangereuses par haut débit et voilà
une façon intelligente de domestiquer la rivière, d’améliorer la sécurité tout
en continuant à produire de l’énergie renouvelable bon marché ne provenant pas
de la combustion des produits fossiles. Non, sincèrement dans le
cas des rivières à régime glacière, aucune polémique basée sur des conflits
d’intérêt ou un amour immodéré de la nature ne devrait s’installer. Sous
réserve bien sûr que les dérivations ne soient pas apparentes.
A la fin du printemps et pendant l'été,
lorsque le débit est trop important, les eaux froides d'une rivière comme
l'Isère en aval de bourg Saint Maurice sont dangereuses. L'EDF soucieuse
d'assurer la sécurité lors des championnats du monde qui se tenaient jusqu'à
présent à cet endroit a souvent eu du mal à limiter le débit dans le lit
naturel de la rivière afin d'améliorer la sécurité indépendamment de la
production hydroélectrique.
Il faut par contre prendre
garde à l'appât du gain et l’obligation de rachat par l’EDF du courant
électrique produit par le particulier à des taux attractifs*. Ces pratiques ne
doivent pas entraîner des installations non conformes à des règles
d'implantation strictes. Ces règles devraient maintenant être dédiées à
l'avenir du canoë-kayak et à sa sécurité, au plaisir du touriste nautique et du
promeneur pédestres longeant ses berges.
Il faut reconnaître que cette
politique de rachat ne présente pas d’inconvénient pour l’environnement dans le
cas des cellules photovoltaïques ou des éoliennes. Par contre, ce n’est pas le
même constat pour les micro centrales qui subsistent ici ou là sur les rivières
à régime pluvial ou pire encore sur les rivières générées par des résurgences.
Sur ces rivières à débit souvent plus faible, l'impact sur l'environnement peut
être assimilé à une véritable nuisance. Pour produire quelques kWh de plus, le
débit prélevé pour alimenter la micro centrale est augmenté par l’exploitant et
ce qui reste dans le lit naturel est triste à voir. Ce constat est encore plus
affligeant sur les rivières à usage touristique telles que l’Aveyron, le Lot ou
la Sorgue.
Il est naturellement
douloureux pour un propriétaire riverain auquel un droit d’exploitation à été
consenti à ses parents de se voir retirer ce droit de son vivant pour ses
descendants, mais sur ces rivières particulières, il y va de l’intérêt
général.
* Cette pratique commence à
être combattue au niveau européen, probablement pour faire échec à cette notion
de monopole. C'est tant mieux, parce que, momentanément généreuse, elle
introduit une notion de dépendance qui peut se retourner à long terme sur le
particulier.