Ignorance, lapsus ou confusion?

 

Cette petite histoire fait suite à une inquiétude du MEDAD.

Je ne sais trop pour quelle obscure raison le MEDAD s'interrogeait sur la crédibilité des collaborateurs de JL Borloo.

 

Toujours est-il que j’ai visité le salon de la copropriété, il y a quelques jours à la porte de versailles.

Un immense stand moderne mais malheureusement tout vide sur les énergies renouvelables a attiré mon attention. Notre copropriété possède en effet un immeuble datant de 1968 sur les Hauts de Seine, comprenant une centaine de petits appartements de 60 m² qui consomment bon an mal an environ 150 m3 de fioul. Sans rentrer dans les détails du calcul on arrive à une consommation énergétique moyenne annuelle de l’ordre de 250 kWh/m² habitable nettement supérieure aux normes actuelles. Avec l’évolution prévisible du prix du fioul, bonjour les dégâts. !


Je suis content d’entamer une petite discussion avec le responsable du stand qui a assisté au Grenelle de l’environnement. Il représente pour moi l’autorité en la matière et j'espère récolter des informations me permettant de faire avancer le projet de notre copropriété. Il me demande d’emblée quelles sont nos malheurs. Je lui explique que nous souhaiterions évoluer vers les énergies renouvelables mais qu’après une pré étude sur le chauffage au bois avec pellets, afin d’automatiser le processus de chauffage, nous nous sommes vu interdire ce type de chauffage par le Préfet de région. Ce type de chauffage pollue l’air. Je lui explique alors que n’étant pas du bon coté dans notre commune nous n’avons pas pu bénéficier de la cogénération et du chauffage urbain. Je lui explique aussi que même si nous réussissions au prix d’un gros effort financier, à réduire notre consommation énergétique de 30 à 40% en procédant à des travaux préliminaires d’isolation de l’immeuble – ce que nous avons de toute façon l'intention de faire - nous avons des inquiétudes sur les capacités du solaire thermique à fournir suffisamment de puissance pour fournir l’eau du sanitaire, sauf à imposer une douche dans chaque appartement ce qui semble difficile à obtenir de la majorité des copropriétaires!

 

Lorsque je l’informe que notre immeuble est dans une boucle de la seine et à la chance d’être sur une nappe libre où l’eau abonde et que pour cette raison nous serions favorable à une pompe à chaleur à eau en raison de son excellent rendement, il me fait part du fait que cela n’est pas autorisé par la Drire (organisme s’occupant de la réglementation au niveau des forages) et que « ce type de pompe à chaleur qui rejette de l’eau chaude dans le sous sol n’est pas intéressante » (sic). Pour ne pas l'indisposer je ne lui parle pas du Canada qui profite de ce mode de chauffage pour consolider son sous sol par congélation et je lui demande pourquoi cette interdiction. Pas de réponse. Il ne sait pas pourquoi. Le ton monte un peu et je lui dit qu’il est interdit "d'interdrire" sans bonne raison. Bref on se comprend mal. Toujours est-t-il que si la Drire interdit les forages pour espérer protéger les nappes libres et l'écosystème constitué par la rivière et son sous sol, je crains que cette interdiction n'aille à l'encontre de leur souhait. Quant à moi qui suis sensé représenter les intérêts de la copropriété, je me refuse à utiliser la solution en circuit fermé avec eau glycolée et je profite de cette occasion pour dire que je ne comprends pas pourquoi la France est la seule nation en Europe à utiliser ce procédé. Il a un moins bon rendement et en cas de fuite, le risque de répandre du glycol dans le sous sol n'est pas négligeable. Les autre pays pompent et rejettent dans le sous sol une eau qui est d'ailleurs filtrée et renvoyée un peu plus propre et surtout plus froide dans le sous sol (bonjour la crédibilité du bureau central pour les énergies renouvelables!) ce qui est naturellement favorable à la régénération de notre sous sol qui en a bien besoin. La Suisse, pays quasi irréprochable coté propreté, (L'eau de la rivière Limatt en aval du lac de Zurich est potable!) utilise ce type de circuit où l’eau froide sortant de la PAC est renvoyée dans le sous sol. On ne peut tout de même pas draguer tout le Rhône se désolait notre secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet à la suite du problème du Pyralène!

Le circuit ouvert est donc au contraire une opportunité de régénérer plus rapidement le sous sol alluvionnaire de nos rivières très pollué actuellement et probablement encore pour longtemps. Un filtre est d'ailleurs imposé par le constructeur de la PAC sur le circuit de pompage. Cette interdiction de la Drire condamne sans raison valable cette solution en zone urbaine alors que c'est précisément en ville que le problème de l'air est le plus souvent crucial.

Je ne vois pas de raison d'interdire cette solution. D'autant que les échangeurs à Plaques à contre courant qui assurent le transfert thermique entre la source froide et le fluide caloporteur au niveau de l'évaporateur isolent parfaitement les deux fluides (Directeur technique et ingénieur hydraulicien, j'ai utilisé ce type d'échangeur pendant une vingtaine d'années dans des circuits hydrauliques qui fonctionnent dans des conditions de température autrement plus sévères et je n'ai (je touche du bois) jamais rencontré d'eau dans l'huile pendant cette longue période. De plus ces échangeurs sont faciles à nettoyer.