Les mots clef selon les Lutins thermiques


L'évolution des modes de chauffage dans le domaine de la copropriété et des immeubles sera différente selon qu'il s'agit d'une construction neuve ou d'une rénovation dans l'ancien.

Type d'habitation

Le neuf

L'ancien

Estimations et devis

Composants

Système

Matériels

Main d'œuvre

Aspect thermique (isolation puis chaufferie)

Individuel

Collectif

Sanitaire

Chauffage

Avec combustible

Sans combustible

Régulation

Proportionnelle

Tout ou rien

Hiver

Eté

Acteurs

Intérieurs

Extérieurs

Aides

Fiscales

Régionales

 Dans le neuf avec le chauffage individuel ou collectif

 

Lorsque les appartements sont correctement isolés les uns par rapport aux autres dès l’origine de la construction le chauffage individuel est une façon drastique de diminuer le gaspillage et de l’affecter en totalité à celui qui en est la cause. Cela serait aussi l’occasion d’établir plus d’équité dans la façon dont les tantièmes fixes ou variables de chauffage sont établi dans les règlements de copropriété pour définir la consommation individuelle de chaleur. L'objectif du grenelle de limiter à 50 kWh/m² la déperdition moyenne annuelle des logements neufs d’ici 2012 peut, s'il est respecté, provoquer une modification des modes de chauffage dans la construction neuve.
Les isolants minces1) vont probablement faire leur apparition et assurer l’isolation intérieur de chaque logement sans trop affecter la surface habitable. Des coefficients aussi bas vont entraîner la réapparition du chauffage électrique individuel dans le neuf. Par contre, bien qu’économique à l’achat ce mode de chauffage restera inévitablement trop coûteux
à l’usage dans l’ancien.  Comment pourrait-il en être autrement avec un coefficient moyen de déperdition de 300 kWh/m². L’ancien est plus difficile à isoler, les ponts thermiques, la difficulté d’isoler l’immeuble en partie basse, la gène qui résulterait pour l’occupant de la pose d’une isolation par l’intérieur après coup, sont autant de raison qui condamnent cette solution. Ce ne sont pas les 38% d’économie d’énergie dans l’ancien que l’on peut raisonnablement espérer qui vont changer la donne, ni même la modification de la loi sur les copropriétés par les pouvoirs publics qui pourrait tenter de modifier les quotas de vote pour remplacer le chauffage collectif par un chauffage individuel. Ni même un effort considérable des fournisseurs européens sur l’atome qui pourrait être entrepris pour briser leur dépendance aux pays producteurs de gaz et de fioul. Avec un coefficient amélioré de 150 kWh/m² le chauffage individuel électrique dans l’ancien restera inexorablement sensiblement 3 à 5 fois plus cher à l’usage qu’une pompe à chaleur et son COP minimum de 3.  

Dans l'ancien avec le chauffage collectif

 

Lorsque la majorité des copropriétaires d'un immeuble ancien manifeste par vote sa volonté de profiter des avantages d'une chaufferie à base d'énergie renouvelable style solaire thermique ou pompe à chaleur à eau de nappe, les solutions techniques adoptées concernant l'isolation et les travaux en chaufferie ne peuvent être que collectives. Cela signifie que la mise en œuvre d'une telle solution ne peut se faire que si la notion de "partie privative" est bannie du vocabulaire et s'efface devant l'intérêt de la collectivité. Choisir ce mode de chauffage pour bénéficier de ses avantages lors d'un vote en AG signifie que certains comportements nouveaux pourraient être recommandés par le conseil syndical dans l’intérêt commun. (voir page 43). Qu’il s’agisse d’un chauffage individuel par radiateur électrique dans le neuf ou d’un chauffage collectif par pompe à chaleur aquathermique, profiter de la négociabilité des tarifs de l’électricité engendrée par la libre concurrence de l’énergie est une bonne chose. Pourquoi ne pas confier aux Syndics, qui sont souvent en charge de nombreux immeubles, la tâche de regrouper leurs achats d'électricité comme ils le font d’ailleurs probablement pour le fioul. ils pourraient obtenir des rabais importants. Les compteurs pourraient être relevés par une personne mandatée par le Syndic.


1) Les isolants minces multicouches réflecteurs agissent préférentiellement sur le déperditions thermiques du type rayonnement et convection alors que les isolants épais traditionnels ( voir tableau page 85) agissent surtout sur la conduction. Ils sont 3 à 5 fois plus minces que les isolants épais traditionnels à efficacité équivalente.