Les Lutins thermiques et la production d'énergie

 

Les Lutins thermiques m'ont demandé dernièrement mon avis sur cette phrase souvent prononcée « L’énergie est notre avenir ». Je leur ai tout de suite répondu que selon moi cette phrase était lourde de sens. Lourde de sens quant à la qualité de cet avenir. Je leur ai expliqué que l’énergie était actuellement au cœur de nos préoccupations environnementales. Je leur ai dit que nous nous interrogions sur le bien fondé de continuer à utiliser la combustion des produits fossiles dits "non renouvelables" tels que le charbon, le pétrole ou le gaz pour produire l’énergie indispensable à notre confort quotidien. Je leur ai expliqué que l’on s’accordait à penser que la combustion de ces produits génère des gaz nocifs nuisibles à notre environnement 1), qu’ils sont sales ou dangereux, difficiles à transporter, qu’ils deviennent petit à petit plus rares et donc plus chères, ce qui diminue de ce fait notre pouvoir d’achat. Je leur ai dit aussi que beaucoup d'entre nous s'inquiétaient des déchets radioactifs et de la complexité des dispositifs de sécurité des centrales nucléaires. Cet entretien a été pour moi l’occasion de leur demander pourquoi, selon eux, alors qu’une énergie propre et sûre se trouve au dessus de nos têtes et sous nos pieds, nous ne les avions pas encore totalement abandonnés. Les Lutins thermiques sont très avisés. Je pensais qu’ils allaient évoquer la lenteur des progrès de la science, la difficulté à trouver des solutions nouvelles, le fait que l'on ne peut pas reprocher à un chercheur de ne pas trouver.

Rien de tout cela, Ils m’ont pour finir fait savoir que – selon eux - la réponse tenait en trois mots : L’argent, le profit et l'ignorance. Ils m’ont dit que la masse monétaire considérable engendrée par la commercialisation des combustibles fossiles, les profits engendrés par leur vente au particulier, la fiscalité appliqué sue ces produits étaient tels, que l’équilibre de notre budget national en dépendait. Ils m’ont expliqué qu’à force d’attendre nous étions devenus tellement dépendants de ces produits que nous ne pouvions plus les abandonner brutalement, que la mutation vers les énergies renouvelables et par nature moins polluantes ne pouvait donc se faire maintenant que progressivement. J'ai un caractère un peu chercheur et en les écoutant parler, je pensais déjà que notre seule chance de sortir de cette terrible impasse était de profiter de la complémentarité des techniques.  Ont-ils lu dans mes pensées? « Les techniques telles que les pompes à chaleur ou les voitures électriques sont maintenant suffisamment abouties et se suffisent à elle même » ont-ils dit. « Cependant notre dépendance à l'or noir et ses dérivées est telle que c'est probablement une fiscalité accrue sur ces même produits qui financeront les investissements lourds nous permettant de sortir de l'ornière ».

 

Je réalisais que, au cœur de cet immense commerce de l'énergie, les deux principaux protagonistes, s’étaient donné une connotation écologique pour mieux  défendre leurs intérêts en choisissant un partenaire de petite taille complémentaire à leur propre technique.

 

Ils m'ont d'abord parlé de l’électricité et du nucléaire en essayant de me rassurer. « Les techniques de production basées sur la manipulation des chaînes atomiques, bien qu'extrêmement difficiles à mettre en œuvre, sont maintenant bien maîtrisées ». Nous ne devions pas trop nous inquiéter sur la sécurité puisque l'on savait maintenant contrôler cette forme d'énergie. Il ne fallait pas qu'en tant que canoéistes nous nous inquiétions trop; Les centrales nucléaires seraient moins dépendantes des rivières qu'elles ne l'étaient dans le passé. Elles n'avaient d'ailleurs plus besoin d’elles qu’en cas de pépin, les années 50 et la construction des grands barrages étaient révolues, etc…. Je les ai crus. Lorsque je leur ai parlé des déchets radioactifs, ils semblaient préoccupés mais ils m'ont assuré qu'un contrôle rigoureux des nappes phréatiques à l'aplomb des centrales nucléaires serait assuré en attendant le stockage profond. Ils ont insisté sur le fait que cette forme d'énergie présentait l'intérêt majeur de ne pas polluer l'atmosphère et d'être "pratiquement" renouvelable ou du moins en passe de le devenir.  

Ils m'ont dit que pour toutes ces raisons, il ne fallait pas considérer le nucléaire comme « la grenouille qui voudrait se faire plus grosse que le bœuf ». Nous avions besoin de cette forme d'énergie pour nous éclairer et pour générer de l’énergie mécanique dans de bonnes conditions avec les moteurs électriques. J'ai été surpris d'apprendre que l'électricité nucléaire avait choisi un valet de toute petite taille : le voltaïque. Sûr de ses bons services, ils m'ont expliqué qu'elle le rémunérait - pour l’instant - largement. Leur opinion est que cette rémunération va lentement diminuer pour la raison que «  Le soleil risque de faire petit à petit de l'ombre au nucléaire »  2)

 

Ils m'ont ensuite parlé du gaz en m'expliquant que ce dernier avait un problème et qu'il hésitait.  Un problème complexe selon eux. Comment faire, parfois propane,  parfois butane, parfois gaz naturel (pour 90% du méthane), il se sentait fort de sa puissance et  pourrait se suffire largement à lui même pendant de nombreuses décennies, mais il lui fallait aussi, pour son prestige, un partenaire de petite taille qui lui donne une connotation écologique sans trop nuire à ses intérêts. Comment faire, l’électricité un peu en avance sur lui l’a pris de cours en choisissant le solaire voltaïque. Que choisir d’autre,  le bois ? Il sait que la déforestation conduit à éliminer moins bien le CO2 qu'il génère lui même lors de sa combustion. Non décidément il faut qu'il surveille ses fréquentations. Après tout, pourquoi ne pas faire confiance lui aussi au Roi Soleil et privilégier pour une fois l’énergie thermique. Ce sera donc le solaire thermique, qui a – on l’ignore trop souvent -  un rendement pas si mauvais que ça.


Le pétrole
est resté célibataire. Inquiet, il commence à vieillir et à douter sérieusement de la pérennité de sa puissance. Il sait qu'il génère trop de gaz à effet de serre lors de sa combustion et il choisirait bien un partenaire, mais lequel ?, inadapté dans nos villes trop encombrées et trop polluées, il sent qu’il est déjà trop tard.

 

Quant à la pompe à chaleur, ses capacités d’adaptation lui permettraient de cohabiter avec son voisin célibataire, mais elle ne l’aime pas. Propre par nature, elle considère qu’il est décidément trop sale. Par contre, cela ne la dérange pas d'être dépendante de l'électricité qu'elle considère avec respect pour sa propreté. Elle se sent sûre de son avenir. Elle a cependant un problème immédiat : Les habitations anciennes sont parfois difficiles à isoler après coup et lorsqu'il fait très froid, elle a parfois encore un peu de mal à délivrer l'énergie thermique à un coût acceptable. C’est pour cette seule raison qu’elle a, elle aussi, choisi un partenaire sur lequel elle puisse s’appuyer temporairement. Elle a donc décidée que ce sera préférentiellement avec le gaz s’il s'agit d'un logement ancien en zone froide, alors qu’en zone plus chaude, par exemple du type méditerranéen, elle se suffit à elle même en assurant même dans certains cas la climatisation des locaux.


Livraison de fioul dans les rues encombrées de nos villes

  

1) Le tableau ci-dessous donnent un ordre d'idée des quantités de gaz à effet de serre émises annuellement par notre ancien immeuble avec sa chaudière au fioul
(avant isolation dans la première colonne avec une consommation annuelle
150 m3 de fioul)
et après isolation pour un besoin énergétique après isolation de
1 M kWh au lieu de 1,5  dans les autres colonnes)

 

Fioul

Gaz

Gaz + solaire

Electricité

PAC + gaz

PAC seule

Géothermie

700 1)

242 2)

210 2)

180 2)

61 2)

180/COP 2)

Pas de GES

  1) exprimé en tonnes de GES          2) Après isolation  

L'Allemagne  figure parmi les pays européen produisant la plus grande part d'énergies renouvelables 

 

2) Energie thermique produite par la combustion des principaux combustibles 

:

Pouvoir Calorifique

 

Densité en kg/m3

Unités

Valeur (PCI)

Gazeux

Naturel

0.55

kWh/m³

9,5 à 12,8*

Propane

1.52

27

Butane

2.10

38

Liquide

Fioul

840

kWh/kg

12

Solide

Pellets

650

4,7


* Lors de sa combustion, le gaz naturel génère de la vapeur d'eau qui est évacuée par la cheminée.

La chaleur latente d’évaporation contenue dans cette vapeur peut être récupérée dans les chaudières modernes à condensation. L’énergie ainsi récupérée représenterait environ 10 % de l'énergie totale disponible dans le gaz naturel. On parle de PCI (pouvoir calorifique inférieur) lorsque l’on ne récupère pas cette énergie et de PCS (pouvoir calorifique supérieur) lorsqu’on la récupère. Le gaz naturel est composé en grande partie de méthane (CH4). Le pouvoir calorifique du gaz naturel variant en France selon la source d’approvisionnement, les factures sont établis en /kWh. Le butane qui se liquéfie à basse température (-9°C), doit être stocké à l'intérieur de locaux chauffés. Le propane par contre peut être stocké en cuve à l'extérieur. 

 

 < Quand le dernier arbre aura été coupé, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson

     aura été attrapé, seulement alors, l'homme de rendra compte que l'argent ne se mange pas >.