Aspect
thermique théorique global
Trop
souvent les études effectuées ne sont que partielles en ne faisant intervenir
que la chaleur spécifique ou les effets de paroi. En régime transitoire la
puissance de la chaudière est principalement utilisée pour réchauffer l'air
ambiant à l'intérieur de l'immeuble. Au fur et à mesure que cet air se
réchauffe une partie d'autant plus grande de la puissance consommée est
dissipée vers l'extérieur par conduction au travers des murs des fenêtres et
des plafonds terrasses. Lorsque l'on atteint le régime permanent la température
de l'air ambiant n'augmente plus et la puissance fournie par la chaudière est
entièrement dissipée par conduction au travers des parois. (En l'absence de
ventilation)
Le principe de la conservation de l'énergie permet d'écrire que pendant
un temps dt l'énergie fourni par
la chaudière a été utilisée à deux fins:
- La première a servi à élever de
dθ la température du volume d'air V soit Vc dθ
ca étant la chaleur
volumique de l'air en joule/m3 et °C
sensiblement 104 joule/m3 et °C
- La deuxième a été rayonnée vers
l'extérieur et a pour valeur ζ S θ dt
(ζ étant le coefficient de déperdition des parois exprimé en Watt/m² et °C
et S la surface des parois)
On a donc P étant la puissance de la chaudière en watt Pdt = Vca dθ + ζ S
θ dt 1)
En divisant par
dt on a :
P = Vca
+ ζ S θ soit en utilisant la transformée de Laplace p P
= Vca p θ
+ ζ S θ
Et θ/P =
1/ ( ζ S (1+t p) 2)
avec une constante de temps t = Vca / ζ S
Le comportement thermique de notre immeuble est donc régit par une fonction
linéaire du premier ordre. Si l’on coupe la chaudière en hiver alors qu’il fait
une température extérieure de 0°C
(échelon de Dirac) on peut donc savoir qu’elle est
la variation de la température de l’air dans les appartements en fonction du
temps θ = f(t)
La
fonction est exponentielle :
Temps
nécessaire pour élever la température de q
Variation de la température dans
les appartements lorsqu'on arrête la chaudière q = qo e -At
Avec une isolation par l‘extérieure il faut tenir compte en complément
de la chaleur spécifique de l’air de celle des murs en béton ( cb =
500 kcal/m3 °C) ce qui augmente sensiblement la constante de temps.
Soit θ/P =
1/
( ζ
S (1+t
p) avec une nouvelle constante
de temps t = (Va ca+ mb cb)
/ ζ S
Application numérique (simplifiée)
1) Avant isolation
Hypothèses
Notre grand immeuble datant de 1968 a été assez bien isolé pour l’époque mais
est très en retard par rapport aux normes actuelles. Il consomme bon an mal an 150 m3 de fioul par
an soit sur la base de l' équivalent calorifique de un litre de fuel (10 kWh)
1
Pour simplifier disons qu'il comprend une
centaine de petits appartements de 60m² soit une surface habitable totale de 6
000 m². Cet immeuble, pourtant correctement isolé pour l’époque a donc un
coefficient moyen de déperdition par m² habitable de l’ordre de 250 kWh/par an
nettement supérieur aux normes actuelles (80 kWh/par an en 2000 et évoluant
vers 50 en 2020). La précision de ces derniers coefficients ne tiennent pas
compte de la température extérieure. Cela pourrait laisser supposer que notre
immeuble qui n'a dépensé "que" 115 m3 le dernier
hiver s'est soudainement amélioré sur le plan thermique.
La consommation
au titre du sanitaire estimée à 33% est difficilement compressible sans
affecter notre confort. Par contre il semble acquit au travers de cette
application numérique qu'un économie de 30% sur la part d'énergie hors
sanitaire soit possible. Soit une économie de

Courbes de consommation en fioul de notre
immeuble(données Scholer) figure 2
(Puissances calculées sur la base de l' équivalent calorifique de un litre de
fuel (10 kWh)
L'examen des courbes de consommation en fuel de l'hivers
La demande a été faite à Madame Scholer de
passer une cde à Météo France qui garde dans ses bases de données ce type
d'information. Il faut payer pour être informé ce qui est inacceptable mais
comment faire. Je serai malgré tout personnellement favorable d'effectuer cette
dépense. (coût 43 EUROS)
En supposant que la température entre
novembre 2004 et mars 2005 ait été de 0°C et que la puissance moyenne affectée
au chauffage n'ait été que de 70% de notre consommation totale (nous pourrons
affiner ce coefficient après la première tranche de travaux chaufferie) de
cette valeur soit 175 kw cela conduit à une consommation en kwh sur 5 mois de
175 x
Fourchette haute avec +5°C : 2,7 watt / m² et °C
|
Pour
l'obtenir il suffit d'écrire que l'énergie fournie par la chaudière au début de
la chauffe part uniquement en élévation de la température de l'air (température
suffisamment proche de la température extérieure dans les appartements pour que
la déperdition par les murs soit négligeable). Soit P dt = V c dθ ou
dθ / dt = P/ Vc = 20 104 / 16 000 x 1250 = 0,0186
°C/seconde (1,12°C/mn) soit une constante de temps du transitoire
t1
égale à 20/0,0186 = 1075 s Si la chaudière est mise en marche alors que la température dans les appartement est égale à la température extérieure de 0°C la température maximum de 20°C dans les appartement est sensiblement atteinte après un temps de
montée en température de 4
t1
= 71 minutes soit environ ζ1 = Vc / t S = (16 000 x 1250) / (1075x4700) » 4 watt /m² et °C |
![]() Figures 3 |
B) Gradian maximum de chute de température lorsque l'on arrête la chaudière (régime transitoire)
|
Pour l'obtenir il suffit d'écrire que lorsque l'on coupe la chaudière alors que
l'on avait atteint la température maximum de stabilisation θmax
= 20°C l'énergie dissipée par les murs continue à être égale momentanément à
celle qui était fournie par la chaudière avant la coupure. Soit en faisant P =
0 dans la formule 1) Vc dθ + ζ S θmax dt = 0 |
|
Au bout
d’un temps de l’ordre de environ
Il n’est pas besoin de
grelotter pour avoir une bonne idée de la qualité de l’isolation de l’immeuble.
La mesure du temps qui
s’écoule entre l’instant où l’on coupe la chaufferie avec une température
initiale, de par exemple 20°C, et celui où l’on atteint une température
sensiblement plus basse disons 17°C est suffisante.
* Nota
Il
convient toutefois de noter que la constante de temps de l’immeuble avant
isolation
t 1 sera en pratique supérieure à 1075 s . En effet l’isolation en polyéthylène (voir
clégécel) entre la brique platrière et le béton abaisse la température du béton
mais pas au point de le mettre au même niveau que la température
extérieure. Avec ζp =
0,8 watt/m² °C pour la
couche de polystyrène et ζb = 10 watt/m² °C pour les 20 cm
de béton, le flux
thermique traversant ces 2 couches avec 0°C à l’extérieur et 20°C dans les
pièces étant le même on peut écrire 10
Dqb = 0,8
Dqp 1) avec
Dqb +
Dqp = 20
ou Dqb = 20 -
Dqp
2)
soit en remplaçant
Dqb par sa valeur dans 1)
10 x (20 -
Dqp ) = 0,8
Dqp d’ou 10,8
Dqp = 200 et
Dqp = 18,5 °C et
Dqb = 1,5 °C
L’énergie contenu dans le béton,
même s’il est beaucoup plus froid qu’après la pose de la vêture isolante est loin
d’être négligeable
Q = ½ mcb
(θ1 – θ2 )= ½
Soit une augmentation de la constante de temps en
raison de l’inertie thermique du béton de
t2 = 604 000
x 103 / (
Soit une constante
de temps avant isolation de t =
t1 + t2 = 1075 + 32 000 =
33 000 s
Soit environ
Le temps mis pour
que la température chute de 3°C dans les appartement lorsque l'on arrête la
chaudière alors qu'il fait 5 °C extérieur et environ 20°C intérieur devrait
donc être de l'ordre de
(33000 x 3)/
(20-5) = 6600 secondes soit environ
Pour info
: Densité de l’air sec à la pression atmosphérique : environ 1,25
kg/m3
2) Après isolation
Dans le cas d'une isolation par l'extérieur la vêture isolante a pour
effet de modifier l'évolution des températures dans le mur: En régime
permanent, le béton se retrouve sensiblement à la moitié de la température
intérieure à la boite constitué par l'immeuble. On profite alors de l'inertie
thermique du béton lorsque l'on coupe la chaudière et la constante de temps
augmente.
Application numérique
Nouvelle constante de temps t = (Va ca+ mb cb)
/ ζ S = t1 + t2
La constante de temps t1 = 1075 s avant isolation est donc
majoré de t2 = mb cb / ζ S
Soit avec un ζ2 moyen après isolation de 1,5 watt/m²
°C ce qui semble envisageable avec un
coefficient de déperdition de 0,78 watt/m² °C au
lieu de 4 (avec une vêture PIZ ou équivalente de 53 mm d'épaisseur sur
les murs) et un ζ de 1,3 au lieu de 5,7 watt/m² °C pour les vitres
Soit en première
approximation t2 = ( 960 000 x
840)/(1,
Et une nouvelle
constante de temps de l'ordre
Nota
Le temps mis pour
que la température chute de 3°C dans les appartements avec les mêmes conditions
de température extérieure et intérieure lorsque l'on arrête la chaudière
devient égal à (115 000 x 3)/ (20-5) = 23 000 secondes soit environ 6h