L’éco-prêt est désormais une réalité

 

L'éco-prêt à taux zéro est désormais une réalité. Jean-Louis Borloo a signé le 26 février 2009, avec une dizaine de partenaires et autant d'établissements bancaires, la mesure visant à octroyer un prêt à taux zéro aux particuliers désirant réaliser des travaux d'amélioration énergétique dans leur logement. Les organisations professionnelles se sont dites prêtes à relever le défi, qui commencera par la formation des artisans aux métiers de la rénovation thermique.

 

«Le bâtiment est le premier chantier mondial pour lutter contre le CO2 », a déclaré jeudi le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, lors du lancement officiel de l'éco-prêt à taux zéro. Ce produit est destiné aux particuliers désireux de réaliser des travaux d'amélioration énergétique dans leur logement, afin d'en augmenter la performance thermique pour réduire leur consommation, et donc leur facture d'énergie. Il concerne les résidences principales construites avant le 1 er janvier 1990, et sera effectif à partir du 1er avril 2009. Il pourra financer des travaux à hauteur de 30.000 euros, pour une durée de remboursement de 10 ans, extensible à 15 ans dans certains cas. Pour bénéficier de l'éco-prêt à taux zéro, il faut composer son propre «bouquet de travaux», dont la réalisation simultanée améliorera la performance énergétique du logement (par l'installation d'une pompe à chaleur, le remplacement des fenêtres et l'isolation des combles, par exemple). Une autre solution, pour les logements construits après le 1 er janvier 1948, consiste à faire appel à un bureau d'études thermiques pour déterminer les travaux qui permettront de réduire la consommation de kWh/m2/an de manière significative. Une fois le formulaire de demande d’éco-prêt à taux zéro et les devis signés par un professionnel, le client éligible au prêt doit s'adresser à l'un des onze établissements bancaires signataires de la charte. Détail important, l'octroi du prêt se fera sans condition. «Sans condition de ressource, d'âge, de religion.., c'est open », plaisante Jean-Louis Borloo. Pour que le prêt PTZ rentre véritablement en application et créé autant d’emploi que prévu, il est important que le législateur fasse sauter les verrous qui risque de bloquer les investissements pour le plus gros marché : celui des copropriétés en zone urbaine

 

 

Cumulable ?

 

Pour le rendre plus incitatif, ce prêt est cumulable avec les aides éventuelles de l'ANAH et des collectivités territoriales, ainsi qu'avec le crédit d'impôt développement durable jusqu'en 2010 et sous condition de ressources. Le ministre de l'Ecologie table sur une vitesse de croisière de 400.000 éco-PTZ par an, «mais ce sera peut être plus», lance-t-il. «Dans l'application du Grenelle, je constate que l'on va plutôt plus vite et plus fort que prévu. Je pense donc que l'objectif sera dépassé, et la limite sera plutôt physique».

 

Les professionnels seraient bientôt prêts

 

Les présidents respectifs de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB) et de la Fédération française du bâtiment (FFB)  ont immédiatement adhérés à ce projet en annonçant au ministre, ainsi qu'aux partenaires présents. «Nos entreprises sont prêtes». D'après Batiactu, ils ont toutefois admis  que 50.000 professionnels seraient formés d'ici à fin 2010 aux nouveaux métiers de l'amélioration énergétique pour «faire le bon diagnostic, engager les travaux, puis vérifier que ce sont bien les travaux adéquats» admettant ainsi implicitement dans le même temps qu’elles n’étaient pas encore vraiment prêtes, ne serait-ce qu’en prévoyant d’engager les travaux avant de vérifier s’ils sont bien adéquats !

 

On comprend que  la FFB soit heureuse de la mise en œuvre de cette mesure qui encourage la bâtiment. Cela ne suffit pas toutefois pour que cette résolution soit suivi d’effet et compense effectivement cette période de baisse ponctuelle de l'activité BTP. Encore faut-il comme le fait justement remarquer la CAPEB, insister sur l'importance qui doit être accordée à la formation des quelques 356.000 entreprises artisanales françaises de moins de 10 employés.

 

On peut espérer que d'autres organismes signataires de cette mesure, comme l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), la Fédération bancaire française (FBF), l'association française des sociétés financières (ASF), l'Union des syndicats de l'immobilier (UNIS), et la Fédération nationale de l'immobilier (FNAIM).participerons dans la mesure de leur moyen financier ou technique à l’aboutissement de ce projet.