L’Allemagne championne des énergies propres ?

 

L'Allemagne se positionnerait-t-elle aujourd'hui à l'avant-garde du développement des énergies renouvelables. Le gouvernement allemand, conscient de l’enjeu, apporte un soutien massif en faveur de la recherche sur ces techniques nouvelles. Elle se veut en tout cas un modèle en matière d'énergies propres. Quasi inexistantes il y a une quinzaine d'années, celles-ci représentent maintenant sensiblement 15 % de l'approvisionnement en électricité en 2008 soit  5% de plus qu’en France alors que les montagnes allemandes plus basses que les françaises (la plus haute montagne allemande le Zugspitze est de 2963 m) offrent une capacité de centrales hydroélectriques plus faible qu'en France.

Très tôt, aux alentours des années 50 le gouvernement fédéral allemand a su à l’aide de solides normes DIN  établir les règles de mise en œuvre du bâtiment sur le plan thermique (la 1ère, la DIN 1946 en est maintenant à sa 23ème  remise à jour).

Elle a laissé une certaine autonomie aux différents Länder allemands tout en s’assurant du respect de ces normes au travers d’ordonnances.

 

Dès 2000, Berlin a pris la tête du mouvement en instaurant très tôt, un cadre législatif avantageux. Une loi pour la promotion des énergies renouvelables (EEG) a été adoptée à une époque où le parti vert était membre du gouvernement de coalition. Selon l'Observatoire des énergies renouvelables, l'Allemagne aurait contribué en 2007, pour plus de la moitié à l'augmentation de la production d'électricité renouvelable de l'Union européenne, diminuant ainsi de quelques 110 millions de tonnes les émissions de CO2. L’Allemagne a pris conscience qu’elle ne pourrait pas respecter les objectifs européens de réduction des gaz à effet de serre  en construisant de nouvelles centrales au charbon. C'est probablement pour cette raison et malgré son opposition au nucléaire qu'elle a autorisé sa société allemande Siemens à se rapprocher du russe Rosatom au détriment de la société française Areva qui n’aura plus le monopole mondial de production d’électricité nucléaire.


                      Une tep (tonne équivalent pétrole) équivaut à
11 610 kWh

Aujourd'hui, les énergies renouvelables font travailler plus de 250 000 personnes outre Rhin ce qui devrait lui permettre de respecter ses objectifs de produire 30% d'énergies vertes dans sa production électrique à l'horizon 2020. La garantie pour le producteur d’un prix de vente minimal du kWh et des textes régulièrement révisés, pour adapter les tarifs aux progrès technologiques ont favorisé un retour sur investissement assez rapide et ont donnés un coup d'accélérateur à ce secteur.

Pour preuve les quelques avancées allemandes suivantes :

·        Une installation photovoltaïque de 3600 m² couvrant la totalité des besoins en électricité du Bundestag (le Parlement allemand), le chauffage étant malheureusement encore assuré par des centrales de cogénération alimentées en biodiesel.

·        Une domination incontestable du marché mondial de l'éolien. L’Allemagne a construit l’éolienne la plus puissante éolienne au monde (6 MW à Druiberg) et il y a en Allemagne quelques 20 000 turbines déjà installées ce qui lui permet d’exporter la plus grande part de sa production. En 2008, le ministère fédéral de l'environnement a consacré 150 millions d'euros au financement de projets de recherche dans le domaine de nouvelles éoliennes offshore en mer Baltique et en mer du Nord.

·        En pointe pour le solaire l’Allemagne a un rôle de maître d’œuvre dans l’installation d’une vingtaine de four thermo solaire réparties sur la péninsule Ibérique (Procédé Schott). Ce programme espagnol fournira une puissance thermique totale de 1500 MW

      (L’équivalent en puissance d’une grosse centrale nucléaire) pouvant être converti en énergie électrique à l’aide de turboalternateur.

·        Elle ambitionne la vente à l’exportation de grosses pompes à chaleur aquathermiqes et géothermique (Procédé Waterkotte). pour le chauffage des immeubles (jusqu’à 450 kW) en fournissant la pompe à chaleur en tant que composant à des prix compétitifs. Malheureusement, peu de Maîtres d’œuvre ont en France suffisamment d’expérience pour intégrer ce composant dans le système formé par l’immeuble et son environnement et donner une garantie de résultat