Le droit
en question
Le droit moral et du littoral s’affrontent en ce moment à propos des sculptures commémorant le débarquement des troupes américaines sur les côtes françaises.
D’un coté le Préfet fait valoir la sécurité et les règlements
qu’il a pour mission de faire respecter, de l’autre une association ayant pour
vocation de commémorer le souvenir de cet acte de bravoure fait valoir l’aspect
symbolique que représente l’implantation de cet œuvre sur les lieux mêmes du
drame.
Comme il faut un décideur, le Maire de la commune sur laquelle est érigée cette sculpture a été choisi pour le faire. Juste récompense, mais aussi lourde responsabilité, pour celui qui est souvent considéré - à tord - comme la source de tous les maux. On ne peut reprocher au législateur de ne pas avoir prévu un texte harmonisant ces deux droits pour la simple raison que cette situation est étonnamment exceptionnelle.
Il n’est va pas de même entre le droit de propriété et le droit de passage. Le législateur savait que la rivière, qui permettait autrefois le transport du bois par flottage a toujours été davantage un chemin qu’un obstacle. Il aurait pu aussi réaliser que l’harmonisation de ces deux droits est devenue indispensable pour permettre le franchissement de tous ces petits barrages, anciens ou non, dans des conditions acceptables. Va-t-on laisser à nouveau aux Maires la charge de trancher au coup par coup ? Faut-il rappeler qu’il y a en France 36 000 Maires, que les 36 000 communes administrées par eux sont traversées par une rivière où se trouve un barrage qui peut être source de danger ? Les litiges provenant des conflits générés entre les propriétaires riverains et le touriste nautique ne devraient pas exister.
La
présence d’un barrage dangereux et facilement aménageable sur une rivière
touristique non plus.
Je ne suis pas encore allez
voir le Maire de ma commune mais je vais le faire prochainement. Non pas pour
me plaindre que depuis 5 ans la teneur
en pesticides de l’eau distribuée à mon robinet dépasse les normes fixées par
Bruxelles. Il le sait. En charge de la santé sur sa commune il est le premier
personnel de l’état à être préoccupé par cette situation. Je vais aller le voir
en raison d’une petite note affichée sur la place de mon village demandant,
dans le cadre d’un recensement des lieux de baignade pour la saison estivale
2008, de lui signaler où l’on souhaite se baigner. Quelle bonne occasion de lui
dire que la rivière qui traverse notre commune me paraît être le lieu idéal.
Sous le pont du village l’endroit est enchanteur, il y a un grand pré, la
rivière est suffisamment large, la berge en pente douce pour les enfants et la
profondeur suffisante pour les grands.
C’est aussi pour moi l’occasion de lui demander s’il a un plan montrant
l’emplacement de sa commune dans notre département. J’ai pensé aussi qu’il
était de mon devoir de lui rappeler que la commune située en amont a une lourde
responsabilité vis a vis de toutes celles qui sont en aval. Responsabilité non
seulement pour la qualité de l’eau de la rivière mais aussi de son sous sol et
de ses nappes phréatiques qui s’écoulent aussi, beaucoup plus lentement que la
rivière vers la mer. Il est en droit de se plaindre car en tant que citoyen il
a le droit de vivre dans un environnement favorable à sa santé. Cela n’est-il pas écrit dans notre
constitution ?
Informations Batiactu
Dans un rapport récent publié le
vendredi 7 septembre 2007, l’Agence européenne de l’environnement (EAA) a
recensé en Europe environ 250.000 sites pollués, nécessitant une réhabilitation,
un chiffre qui pourrait augmenter rapidement.
1,8 million d'entre eux ont été identifiés comme encore potentiellement pollués,
indique l'EAA dans son rapport.
Il ne faut donc pas s'étonner de ce qui
vient d'arriver au Rhône et à ses poissons puisque selon l’agence, depuis 30
ans, plus de 80.000 sites pollués ont été nettoyés dans les pays pour lesquels
des données sont disponibles. Mais «bien que des efforts considérables aient
déjà été entrepris, il faudra des dizaines d'années pour nettoyer les
contaminations héritées du passé», ajoute-t-elle. L’EAA précise même dans son
rapport que si la tendance actuelle se poursuit, le nombre de sites à
réhabiliter augmentera de 50% d'ici 2015!
Principaux polluants : les métaux lourds
Ces pollutions proviennent principalement
d'activités industrielles (mines, pétrochimie) ou commerciales (stations
d'essence) et de traitement de déchets. Selon l’étude de l’EAA, les métaux
lourds sont à l'origine de 37,3% des cas de sols pollués, devant notamment les
produits pétroliers (33,7%), les hydrocarbures aromatiques (19,3%) et les
phénols (3,6%).
Pollueur pas toujours payeur
L’EAA constate enfin que si la plupart des
pays concernés en Europe appliquent dans leur réglementation le principe «pollueur-payeur»,
environ 35% des sommes consacrées aux actions de réhabilitation provient de
fonds publics, souligne également le rapport. Les décontaminations sont décidées
en fonction des risques encourus pour la santé et l'environnement, la protection
des ressources en eau justifiant souvent des opérations de réhabilitation des
sols pollués.