La démolition des
barrages
Difficile d'estimer la durée de vie des barrages voûtes qui seraient de l'ordre du siècle en raison d'un phénomène de vieillissement du béton et du risque existant dans des zones sismiques. Plutôt que de s'engager dans une incertaine et coûteuse rénovation de ceux-ci on commence à juste titre à procéder à la démolition de certains barrages "au fil de l'eau". Compte tenu de leur nuisances sur l'écosystème constitué par la rivière et sur le tourisme du fait de l'absence de plan d'eau significatif en amont, on ne peut pas dire que ces barrages font partie de notre patrimoine. De plus, du fait de leur vieillissement, ils font courir un risque d'inondation de villages pour les populations situées en aval.
Le milieu du canoë-kayak est donc très heureux de constater que plusieurs barrages de 6 à 15 m de hauteur ont été récemment démolis dans notre pays sur des cours d'eau à poissons migrateurs afin de restaurer la qualité écologique de ces cours d'eau.
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On peut citer entre autres, les barrages de Kernansquillec sur le Léguer (Côtes-d'Armor), St- Etienne du Vigan sur l'Allier *(Haute-Loire), Maisons-Rouges sur la Vienne (Indre-et-Loire) ou celui de Charensac.
La loi du Un état de lieux est réalisé sur l'état du barrage en question. En fonction de ce bilan,
l'autorité administrative décide de renouveler l'autorisation de la
concession, ou, au contraire, d'y mettre un terme et d'ordonner une remise en
état des lieux
La braderie de la houille blanche française qui se prépare suite
à la libéralisation de l'énergie devraient entraîner
la
suspension des concessions accordées à de
nombreux barrages "au fil de l'eau"
de telle sorte que la rivière soit remise dans son état naturel pour le plus
grand bien du touriste nautique, des saumons et des pécheurs ou plus
généralement de l'écosystème formé par la rivière. On peut se demander ce qui va advenir des
grands barrages voûte comme celui de
Tignes sur l'Isère à expiration des
concessions. |
Les barrages-poids1) tels que celui de Serre-Ponçon sur la Durance s’intègrent mieux dans le paysage et leur démolition avec remise de la nature à l’identique semble plus simple. L’usage de la dynamite montré à la télévision pour la démolition du barrage voûte de Poutès sur le haut Allier, dont la démolition est envisagée de longue date en raison de ses nuisances, n’est que la première étape d’un processus long et coûteux de morcellement et d’enfouissement des blocs de béton permettant de remettre la nature à l’identique.
Il convient donc d’être particulièrement vigilant sur les motivations qui pourraient encore conduire à l’édification d’un dernier barrage voûte sur nos rivières. Compte tenu des possibilités offertes par toutes ces nouvelles technologies il est clair que si la principale motivation est la production énergétique, le barrage ne devrait pas être construit.
* La nature y a véritablement été remise à l'identique