La démolition
des barrages EDF
En France, plusieurs barrages de 6 à 15 m de hauteur ont été récemment
démolis sur des cours d'eau à poissons migrateurs afin de restaurer la qualité
écologique de ces cours d'eau. On peut citer entre autres, les barrages de Kernansquillec sur le Léguer (Côtes-d'Armor), St- Etienne
du Vigan sur l'Allier *(Haute-Loire), Maisons-Rouges sur la Vienne
(Indre-et-Loire) ou celui de Charensac.
La loi du
Elles peuvent être renouvelées ou non. Un bilan
comparant les avantages socio-économiques éventuels liés au maintien de
l'ouvrage (production d'énergie, alimentation en eau potable, tourisme, etc.)
sont comparés aux conséquences sur l’environnement. Un état des lieux est réalisé
sur l'état
du barrage en question. En fonction de ce bilan, l'autorité
administrative décide de renouveler l'autorisation de la concession, ou, au
contraire, d'y mettre un terme et d'ordonner une remise en état des lieux.
Concernant la braderie de la houille blanche
française qui se prépare suite à la libéralisation de l'énergie de nombreux
barrages au fil de l'eau devraient voir leur concession suspendue
de telle sorte que la rivière soit remise dans son
état naturel pour le plus grand bien du touriste nautique, des saumons et des
pécheurs ou plus généralement de l'écosystème formé par la rivière..
Pour les barrages voûte aucune région ne s'est encore
résolue à passer à l'action. Cette photo du barrage voûte de Marèges sur la haute Dordogne permet de comprendre pourquoi
la démolition de ce type de barrage, constitué pour l’essentiel de béton armé,
est une entreprise difficile et onéreuse.

Barrage-voûte
de Marège sur la haute Dordogne,
(prise en 1933 pendant la construction du barrage)
Les barrages-poids1) tels que celui de Serre-Ponçon sur la Durance s’intègrent mieux dans le paysage et leur démolition avec remise de la nature à l’identique semble plus simple. L’usage de la dynamite montré à la télévision pour la démolition du barrage voûte de Poutès sur le haut Allier, dont la démolition est envisagée de longue date en raison de ses nuisances, n’est que la première étape d’un processus long et coûteux de morcellement et d’enfouissement des blocs de béton permettant de remettre la nature à l’identique.
Il convient donc d’être particulièrement vigilant sur les motivations qui pourraient encore conduire à l’édification d’un dernier barrage voûte sur nos rivières. Cette vigilance peut dans certain cas être trompé. Pour exemple une des plus belles rivières française, le Rizzanese qui vient d'être sacrifié à l'ogre de l'indépendance énergétique. Compte tenu des possibilités offertes par toutes ces nouvelles technologies il est clair que si la principale motivation est la production énergétique, le barrage ne doit pas être construit.
* La nature y a véritablement été remise à l'identique