Petite histoire de l’elfe
Pour en savoir+
J’avais à peine 12 ans lorsque mes parents
m’ont fait la joie de m’emmener faire du cabotage avec leurs amis sur de
petits canoës canadiens à voile le long de la côte sauvage à l’ouest de la
Corse.
Depuis cette époque, j’ai toujours aimé l’eau, le canoë…. et la Corse.
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A l’époque, les règlements concernant la
sécurité étaient pratiquement inexistants et à la belle saison, de telles
expéditions étaient relativement fréquentes en méditerranée lorsque le temps
le permettait. C’est, assis confortablement à l’avant du canoë en tant que
3ème équipier dans un canoë normalement conçu pour 2 personnes, que je lisais
paraît-il ‘’Tintin’’ en me faisant tout petit et bien sage. Inconscience de
la jeunesse! |
![]() Avec les pécheurs de langoustes d’Elbo en 1949 |
Est-ce tous ces vieux souvenirs ou le goût de l’aventure qui ont
motivé ma détermination ? Toujours est-il qu’à 58 ans, lorsque la
Société OILGEAR m’a proposée après une vingtaine d’années de bons et loyaux
services de quitter mes activités professionnelles, j’ai pris la décision de
concevoir et de construire mon bateau.
Lorsque l’on a de jeunes frères
ayant assumés des responsabilités dans une école de voile aussi prestigieuse
que les Glénans, que l’on a passé sa vie dans le domaine scientifique, la
mécanique des fluides, la CAO et l’esprit un peu chercheur, il est difficile
de résister à l’envie d’explorer le domaine du fun et de la vitesse. Pour la version sportive de l’elfe
avec
les foils, marketing oblige, mon frère René intervient, ce sera le Speed
fun
La question : <<Maman
les p'tits bateaux
qui vont sur l’eau ont-ils des ailes ?>>
pris soudain tout son sens et il fut décidé d’y répondre oui ! Après une étude approfondie basée sur l’examen de nombreux articles techniques concernant les foils à la nouvelle bibliothèque nationale François Mitterrand, et les essais relativement satisfaisants d’une petite maquette au 1/5, nous décidâmes avec mon ami Jacques, de construire une première version échelle 1 de l’Elfe utilisant des foils obliques dit de première génération. Malheureusement force fut de constater que l’utilisation de ces foils nuisait sérieusement à l’esprit ‘’promenade’’ de l’embarcation et compliquait trop le démontage et le remontage.
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Il apparut aussi aux essais que les flotteurs n’étaient pas assez volumineux et il fallut se résoudre, malgré la difficulté d’asservir l’embarcation en hauteur, de passer aux foils dit de 2ème génération, puis dessiner, et construire, de nouveaux flotteurs plus gros. C’est cette dernière conception qui, après homologation en bonne et due forme au centre de sécurité des navires, et essais sur le lac Léman à Lausanne a été utilisée avec mes fils lors du cabotage sur les côtes Corse pendant l’été 2001.
Dans la piscine de
Jacques à Clermont Ferrand
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![]() Avec les foils première génération |
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Pour des raisons de sécurité la voile de
char à voile de 13 m² pourtant plus performante ainsi que les nouveaux foils
du Speed fun sont restés dans leur
emballage à Paris, et nous n’avons emportés que le matériel permettant de
faire naviguer l’elfe
en version promenade
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C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés par une belle matinée du mois de juin 2001 sur une plage au fond de la baie d’Ajaccio en train d ‘assembler l’elfe en essayant de ne rien oublier d’important pour notre petite expédition de 15 jours. La sortie du golfe d’Ajaccio, effectuée à la pagaie par calme plat, face à un magnifique soleil couchant a été un peu longue et tardive, mais sitôt passé les îles sanguinaires, j’ai pu constater avec beaucoup de joie que cette côte était restée telle qu’elle était 50 ans plus tôt.
L’utilisation d’une embarcation prototype
pour longer une côte aussi sauvage ainsi que le mauvais temps qui a sévit à
deux reprises pendant notre expédition ont mis en évidence l’aspect perfectible
de cette réalisation. Il est déjà très difficile de concevoir une embarcation
sur des principes nouveaux, mais quand de plus le budget est limité et que
l’on cherche à concilier le cabotage itinérant avec la vitesse et le fun…….
Afin d’améliorer le passage dans les vagues et mieux loger les bagages nous aurions
préférés une coque centrale plus volumineuse ou nous aurions été plus libres
de nos mouvements. D’autant qu’il était impossible de mettre nos bagages les
plus encombrants dans les flotteurs en raison d’une conception en
contreplaqué marine moins coûteuse avec nervures cloisonnant l’intérieur du
flotteur.
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Nous avons
eux souvent le vent de face, et afin de mieux remonter au vent nous aurions
souhaités une voile plus performante que la voile au tiers. Ce n’est pas mon
équipière Angie ou mon fils Jean-Luc qui me contredira sur ce point. A notre
décharge il faut dire que nous avons souvent eux du mauvais temps avec une
houle résiduelle de 3 à 4m et des vents parfois supérieurs à force 4. Malgré ses imperfections l’elfe
a
‘’pratiquement’’ tenu ses engagements. Je dis bien ‘’pratiquement’’ car le
cahier des charges initial regroupant les fonctionnalités du Speed fun était probablement trop exigeant et mon
amour pour le canoë immodéré.
<< C’est la mer qui corrige les devoirs
>>. Il faut dire que le souvenir que j’avais de la
marine d’Elbo était si fort que je n’ai pu m’empêcher d’accélérer l’allure de
l’elfe en arrivant en vue de la plage. Dix jours plus tard je faisait une
ballade dans la région mais à pied, c’est plus sûre…. Nous avons pris le GR surplombant la baie d'Elbo et
descendant plein sud vers Girolata,
mais il y avait du brouillard nous n'avons pas pu revoir le lieux de nos "exploits". Balendard |
Essais
en mer avec la grande voile dans le
L’elfe Iv en carbone kevlar ? |
Le travail à Clermont Ferrand

Foils avants 1ère
génération, préparation des profils
et usinage de la face d’appui avant
stratification

Chariot style trombone à
coulisse pour usinage d’un hyperboloïde de révolution (bravo Jacques)

Collage
des 1er flotteurs


Un peu de
technique

Aquarelle Michel Copin