Construction d’un
canot en écorce
C’est au cours de l’été 1966 qu’un canoë en écorce de bouleau monoplace a été construit pour les musés nationaux canadiens dans une petite province nommés Weymontaching << endroit où l’on voit loin>> au sud du Québec par l’un des derniers artisans en la matière nommé Albert Birote en possession de secrets plusieurs fois centenaires.
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Cette taille de canot rentre dans la catégorie du canot de chasse individuel
compris entre 2,5 et 3,6 m de long.
La construction du canot
prendra une dizaine de jours.
Plan tiré de Google Earth |
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Les racines de jeunes pin
gris
courent à la surface du sol sur des longueurs importantes (environ 6 à 7m) ce
qui facilite l’opération.
Elles sont ensuite
transformées en lanières propres au laçage du canot. Une seule coupe en long
avec élimination des petites racines latérales est généralement suffisante.
Elles sont ensuite enroulées et mise à bouillir pendant de longues heures ce
qui leur confère une souplesse remarquable à condition de les conserver ensuite
dans l’eau pour éviter qu’elles ne sèchent à l’air. |
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L’autre moitié était
constituée de résine de pin (strobue). Il faut plus d’un kilo de résine
pour calfater proprement un canot de 3,5m et il est nécessaire de rajouter de
la graisse végétale en quantité appropriée pour assouplir la résine et éviter
qu’elle ne se casse, un peu de goudron améliore l’étanchéité car le mélange
ci-dessus est légèrement soluble mais la
couleur noire est moins belle. Aussi
Albert Birote ne
rajoutât du goudron qu’à l’intérieur pour des raisons esthétiques.
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Le cèdre offre 3 qualités essentielles pour cette construction. C’est un bois léger, souple, qui résiste à la putréfaction. Il pousse en région marécageuse. L’ensemble de l’armature du canot, varangues, bordages, plats-bords sont en bois de cèdre. Trois ou 4 bûches de 1,2m de long et de 21 cm de diamètre sont nécessaire plus une longueur de 4m pour les lisses et les plats-bords. Les troncs sont fendus en deux sections dans le sens de la longueur avant transport sur les lieux de fabrication et entreposés dans l’eau pour que le bois garde sa souplesse. Le bois de bouleau n’est utilisé que pour les 3 traverses.
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L’outillage le plus utilisé par
l’artisan est le couteau croche. Il l’utilise avec une dextérité
étonnante pour façonner les pièces essentielles de la construction d’un tel
canot telles que les varangues et les étraves. |
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Au lieu de pousser sur la
poignée comme on le fait avec un couteau ordinaire, on tire la lame courbée
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Un maillet
en bois pour pousser les
varangues en position verticales à l’intérieur |
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Les instruments de mesure
sont au nombre de deux, le Tsimotsigan
utilisé pour mesurer la hauteur des 3 traverses par rapport au fond du canot
comprend 3 petites encoches servant de point de repère. L’arrondissement du
fond du canot lors de la pose des varangues augmente notablement la profondeur
du canot par rapport aux cotes de cet outil en conservant les mêmes
proportions.
Le Tibwehitaban sert
à contrôler l’intervalle entre les varangues lors des séances de laçage.
Une corde tendue
horizontalement sert de point de repère.
Les moyens élémentaires permettant d’agir sur ces
matériaux sont la chaleur, l’eau et l’air et ceci tout au long de la
construction du canot. Le séchage à l’air libre est rigoureusement contrôlé car
le bois de cèdre sèche très rapidement et perd rapidement sa souplesse
lorsqu’il est exposé à l’air. Après un premier façonnage au couteau croche les
pièces de cèdre sont conservées dans l’eau pour éviter qu’elles ne sèchent.
L’artisan assure ensuite leur cintrage à la main, ne les exposant à l’air que
lorsqu’elles ont la courbure désirée. La pose des varangues est une application
remarquable de cette technique. Complémentaire de l’assouplissement par l’eau
la chaleur est utilisée sous forme d’énergie solaire.
La face de l’écorce de
bouleau exposée au soleil se contracte, ce qui permet de contrôler son rayon de
courbure.
De même l’eau chaude
augmente la flexibilité du cèdre qui se cintre plus facilement et les lanières
de racines acquièrent une grande souplesse après un bain prolongé dans l’eau
bouillante.
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L’artisan. Au moment ou j’écris ces lignes, Albert Birote qui était âgé de 77 ans lors de cette construction aurait maintenant 117 ans s’il est encore en vie, ce qui est peu probable. Je parlerais donc de lui au passé en espérant qu’il me pardonnera si je me trompe. Il était réputé bon chasseur et bon trappeur et bien sûr connu pour ses qualités d’artisan. Il faut dire qu’il était le seul à connaître et à pouvoir appliquer ces techniques après la mort du père de sa bru et la maladie de Pit Neashit de la même tribu son maître en la matière. Du vivant de son père qui fit son apprentissage, les canoës en écorce de bouleau semblaient d’usage fréquent et il fut l’adjoint de son père dans de nombreuses occasions. Après ce travail d’apprentissage, il a construit pour son propre compte plusieurs canoës de ce type. |
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Il n’a ensuite pratiqué que
pour les américains qui l’invitèrent à New York pour construire un canot
d’écorce et élever une cabane en bois rond. Il connaît les termes précis de chaque partie du canoë. Il semble que
l’authenticité des méthodes de construction qui suivent n’ait pas souffert de
cette période d’inactivité.
Cette impression est corroborée par l’attitude ainsi que par les réactions
favorables de Pit Neashit, le vieil artisan malade qui a suivit le déroulement
des opérations pendant la construction. Ce dernier n’a eu qu’une réaction
défavorable concernant la profondeur du canot imposé par le Tsimotsigan
et je suis heureux de faire part au lecteur que j’ai eu la même réaction avant
d’écrire ces lignes. Dans
l’ensemble ses réactions ont toujours été positives alors qu’il était d’autant
plus porté à la critique qu’il se jugeait encore capable d’effectuer le
travail.
Il est inévitable que des
petites différences aient existées dans la construction selon les tribus.
Certains auteurs notent par
exemple que l’étrave se termine sous les plats-bords au lieu de passer entre
les deux lisses tel que la construction est décrite ci-après. Ces détails sont
sans grande importance et il est normal que chaque artisan choisisse la
technique qui convient le mieux à son projet en tenant compte des performances
souhaitées et de l’usage qui sera fait
de l’embarcation.
Les phases de la construction dans l’ordre chronologique
sont :
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L’assemblage des lisses et des traverses
Cette première phase
consiste à assembler temporairement les
lisses internes et les trois traverses pour former un bâti qui servira de forme
pour ébaucher les grandes lignes de l’embarcation. |
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La traverse centrale mesure
70cm de long et les deux autres traverses d’une longueur de 50cm sont disposées symétriquement à
78,7 cm du maître couple situé par construction à l’emplacement de la traverse centrale
Ce sont des traverses
temporaires qui seront remplacées ultérieurement par des traverses mieux
façonnées cousues aux deux lisses. Leur extrémité s’emboîte dans une mortaise
creusée dans la lisse interne ; Elles sont retenues en position par une
cheville de bois posée perpendiculairement.
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*Dans le cas de cette construction il semble qu’il ait voulu corriger les 3 longueurs
un peu faibles du Tsimotsigan par la construction de varangues un peu plus
longues afin de bomber le fond et augmenter ainsi la profondeur de
l’embarcation.
Le lestage du bâti et de l’écorce sur un lit de sable
Un sol plan et sablonneux
ayant une surface de 4m² (4x1) est bien adapté à une telle construction.
Deux piquets sont plantés
au milieu de chaque extrémité et une cordelette tendue pour juger de la
courbure du lit et corriger éventuellement la planéité. L’artisan déroule alors
la feuille d’écorce sur le lit de sable la face interne de l’écorce tournée
vers le sol en prenant soin de centrer celle-ci pour obtenir une parfaite
symétrie.
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Déroulement de l’écorce sur le lit de sable |
Centrage de la forme sur l’écorce |
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Le façonnage des côtés
Il est nécessaire de couper
transversalement l’écorce sur le coté pour assurer la mise en forme de
l’écorce.
Il n’y a pas de mesures
précises pour déterminer la distance entre chacune de ces coupes.
La première incision faite
près de la traverse du milieu est suivi de quatre autres coupes effectuées de
part et d’autre de cette dernière et à distance sensiblement égales l’une de l’autre.
L’endroit exact peut être déterminé pour éliminer un défaut de l’écorce et les
points de départ des incisions partent à proximité du cadre déposé sur
l’écorce.
Deux planchettes ayant 7 cm
de largeur sont alors positionnées perpendiculairement à l’axe longitudinal du
canot et sous le cadre pour relever légèrement l’avant et l’arrière et gironner
la carène du canot.
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Entre temps l’apprenti
artisan a préparé 14 piquets d’environ 1,2 m de hauteur qui seront enfoncées
dans le sol meuble de chaque coté du cadre après avoir relevé l’écorce le long
des pierres. Chacun des sept piquets disposés sur bâbord sont disposés
symétriquement par rapport aux sept autres piquets disposés sur tribord. Ces
piquets sont plantés obliquement et sont ensuite redressés en tirant sur la
corde qui attache chaque piquet à son vis à vis pour redresser l’écorce de
bouleau. Afin d’éviter que cette dernière ne se brise à l’emplacement ou elle
s’appui sur le bâti il peut être nécessaire de l’arroser d’eau chaude afin
d’améliorer sa flexibilité.
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Afin de maintenir l’écorce
en position verticale une deuxième série de piquets plus courts (60cm) doivent
être positionnés à l’intérieur du canot. Ils sont disposés parallèlement aux
piquets extérieurs entre l’écorce et les pierres de lestage. Taillés en biseau
en partie basse pour prendre appui sur le cadre, ils sont attachés en partie
haute aux piquets extérieurs.
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Avant d’assujettir les piquets internes sur les piquets externes en pinçant
l’écorce solidement entre les deux, l’artisan ajuste le chevauchement de
l’écorce aux joints. Etant donné la tonture et la cambrure de l’embarcation
l’écorce se recouvre partiellement lorsqu’on la replie. Ce recouvrement n’est
pas laissé au hasard. La règle est la suivante : considérant l’un ou
l’autre bout du canot, et pour n’importe quel joint, la section de l’écorce de
bouleau la plus proche du centre est
placée à l’intérieur et les joints seront cousus dans cette position.
Les joints ainsi disposés offriront une moindre résistance à l’eau qui glissera
plus facilement sur la coque.
A ce niveau de la construction, les
femmes ne procèdent qu’à un laçage partiel, chaque laçage commençant par un
point d’arrêt
La pose des lisses avec découpage et laçage
L’écorce est maintenant
suffisamment rigide pour que l’on puisse enlever les pierres et les piquets de
soutien internes et hisser le cadre constitué par les lisses et les traverses à
la hauteur des plats-bords. Le fameux Tsimotsigan permettant de
positionner les supports de ce cadre à la bonne hauteur est utilisé. L’artisan
coupe alors l’excédent d’écorce débordant de la lisse interne en commençant par
le centre et en chevillant la lisse externe sur la lisse interne pour
consolider l‘ensemble au fur et à mesure que progresse la coupe de l’écorce. Il
s’arrête à environ 60 cm des extrémités lorsque la section des lisses commence
à diminuer afin de pouvoir réaliser ultérieurement une opération
délicate :
la tonture de
l’embarcation. L’artisan utilise le Tibwehitaban pour tracer au crayon
une marque servant à régler l’intervalle entre les varangues et les parties ou
doit être effectuées le laçage. Ce
dernier est assuré avec les lanières préparées avec les racines. Les femmes
prennent celles-ci directement dans la cuve d’eau chaude au fur et à mesure du
besoin.
La même lanière passe
parfois deux fois dans le même trou et environ dix tours de lanière sont
nécessaires pour couvrir chaque intervalle de laçage. L’extrémité de la lanière
est soit coincée dans un trou, soit pincée entre les deux lisses. Une fois le
laçage terminé, les piquets externes peuvent être démontés.
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Le découpage de l’excédent d’écorce |
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La pose de l’allonge
Lorsque la longueur de
l’écorce est insuffisante il est possible de rajouter une allonge qui doit être
inséré à l’intérieur de l’écorce principale avec un recouvrement de l’ordre de
8cm. La coupe est effectuée en biais par rapport à la ligne des grains pour
limiter le risque de déchirure de l’écorce et le laçage est effectué à double
point le long de la ligne de joint. L’étrave et les varangues n’étant pas
encore misent en place, la découpe de l’écorce à l’avant du canot n’est pas
effectuée pour l’instant.
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Le mesurage, le cintrage et le séchage des
varangues
Un canoë de 3,6m (12 pieds)
nécessite 28 varangues. Ces dernières sont constituées par des planchettes en
cèdre de 6 à 9,5mm d’épaisseur et d’une largeur de 4,5 cm. Taillées au couteau
croche, les bords supérieurs de la varangue légèrement arrondis, elles sont
d’une régularité remarquable. Maintenues dans l’eau pour assouplir les fibres
du cèdre leur longueur initiale de 1,2m est ajustée à la demande en fonction de
l’emplacement de la varangue dans le canot. L’extrémité est coupée en biseau
pour faciliter l’insertion de la varangue entre l’écorce et la lisse
intérieure.
Les varangues sont posées à
plat sur les plats-bords dans les intervalles séparant deux séquences de laçage
en formant deux séries de 14 unités de part et d’autre de la traverse centrale.
Un trait au crayon est effectué sur les varangues à la limite de la lisse
intérieure pour localiser le cintrage à venir et l’emplacement de chaque
varangue par rapport au canot est repéré. Les traverses temporaires sont alors renforcées pour pouvoir supporter
la poussée des varangues. Après arrosage à l’eau bouillante, le cintrage des
varangues s’effectue à la main deux varangues à la fois en commençant par le
centre du canot. L’artisan cintre celles-ci sur ses genoux. Une première mise
en place permet de contrôler s’il est nécessaire d’accentuer ou non la courbure
afin que la varangue s’adaptent convenablement au fond du canot.
Au fur et à mesure que l’on se rapproche des extrémités le rayon de courbure du
cintrage diminue et une attention particulière est requise. Après une journée
de séchage les varangues peuvent être retirées du canot et conserver leurs
formes.
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La finition des pinces et la consolidation de
l’armature
L’étrave qui sert de
support terminal des lisses est en bois de cèdre. Longue de 61cm sa section est
rectangulaire.
Le lamellation facilite le
cintrage qui est effectué à l’eau chaude. Après mise en place de l’étrave le
canot est retourné sur deux chevalets et la découpe de l’écorce excédentaire
est effectuée l’étrave servant de guide. L’écorce est ensuite cousue l’alène
passant avec difficulté entre les lamelles de l’étrave. Les traverses
définitives sont alors misent en place et le laçage de celles-ci effectuée
avant mise en place du plat-bord au dessus des deux lisses
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Le calfatage de l’intérieur du canot
La calfatage des joints
avec une gomme préparée selon la description page est indispensable assurer l’étanchéité du
canot. L’adjonction de goudron améliore l’étanchéité et augmente les propriétés
adhésives de la gomme. Une bande de tissus de 7cm de large est posé à cheval
sur les joints et enduite de cette gomme avant la pose finale d’une deuxième
couche de poix.
La pose des bordés
et des varangues *
Le façonnage des
planchettes de bordage au couteau croche requiert une grande habileté et une
main sûre compte tenu de leur faible épaisseur (3mm environ). Les planches de
1,2m de longueur et de 7,5 cm de largeur qui constituent les bordages sont
disposées longitudinalement jusqu’à la pince. Les planches situées au centre
recouvrent légèrement celles de l’avant et de l’arrière. La pose finale des
varangues est alors commencée en commençant par la pince et non par le centre
comme cela était le cas lors du cintrage. Il insère d’abord une série de
planchettes entre le support terminal des lisses et les parois de l’écorce.
Pendant que son adjoint tient les bordages dans cette position, l’artisan
s’avance avec la première varangue car il faut être deux pour mettre en place
la 1ère varangue No 14. Il positionne d’abord les
varangues dans une position inclinée avant de la redresser dans une position
sensiblement perpendiculaire à l’axe longitudinale de l’embarcation. Si les
varangues rentrent trop facilement en position, le canot manquera de solidité. Au
contraire si les varangues sont trop longues et poussent trop sur le fond et la
lisse interne lors de la mise en place l’artisan la retaille au couteau croche
pour corriger l’erreur. Lorsque l’ensemble des varangues est positionné en
position oblique elles sont redressées au maillet en petites frappes
successives jusqu’à ce qu’elles soient redressées. La raison de cette technique
est que cette opération éprouve fortement le revêtement d’écorce pour le bander
et assurer la solidité de l’ensemble en resserrant l’écorce, le bordé et les
varangues les uns contre les autres. Lors de cette opération l’écorce est
arrosée abondamment d’eau chaude pour lui redonner toute sa souplesse et
d’éviter toute déchirure de l’écorce et un calfatage supplémentaire.
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Vue du laçage de l’allonge et de l’apitowan |
Pose du bordé et des varangues |
* Appelés respectivement par mon père les clins et
les membrures (Voir page 44)
Le calfatage des joints extérieurs et des pinces
Cette dernière opération
est faite à la spatule en faisant pénétrer la gomme chaude et visqueuse à
l’intérieur du joint en l’étendant de part et d’autre de la fissure. La poix
durcit en refroidissant. Comme pour le calfatage intérieur une bande d’étoffe est
posée à cheval sur le joint et une deuxième couche de gomme osée sur celle-ci.
Le canot- d’écorce est maintenant terminé et il ne reste plus qu’à mettre à
l’eau l’embarcation pour vérifier son étanchéité.
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Epilogue
C’est au alentour des années 50 que mon père fut sollicité par le CCF pour rénover un canoë canadien authentique en écorce de bouleau originaire du nord Canada. Il accepta immédiatement. Bien qu’amputé de la main gauche, il était excellent bricoleur et construisait depuis plus de 10 ans déjà ses propres canoës canadien monoplace et biplace en version tout bois selon ses propres méthodes de fabrication. Le canoë était sérieusement endommagé et des éléments complets de l’embarcation devaient être remplacés.
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Cette réputation explique que le commerce se soit emparé de ses formes à défaut des techniques de fabrication plusieurs fois centenaires et maintenant disparues. C’est la partie de ce livre relative aux techniques de construction à l’ancienne qui est reprise et décrite ci-dessus. L’examen des photos du canot achevé semble prouver que Albert Birote a pris la décision de ne pas montrer les photos du canot construit par lui même lors de cet été 1966 mais probablement celles d’un canot construit au préalable par son père. Peut être a-t-il jugé que les petits défauts provoqués par les cotes trop faibles du Tsimotsigan nuisaient à l’esthétique de l’embarcation. Il a probablement voulu augmenter la profondeur de celle-ci en arrondissant la carène quitte à cintrer un peu moins les varangues ce qui a provoqué une déformation locales des lisses internes en raison de la trop grande sollicitation mécanique verticale sur celle-ci lors de la mise en place des varangues. Ceci l’a obligé par la suite à renforcer le cadre. Dans un canoë, la pince est très sollicitée en cas de choc frontal de l’embarcation. La description sommaire qui est faite des pièces telles que le giboorUn et l’apitowan utilisée pour renforcer cette partie de l’embarcation ne m’ont pas permis de comprendre toutes les subtilités utilisées par l’artisan pour renforcer son embarcation dans cette partie. Il se peut aussi que Albert Birote ait pris la décision de ne pas réaliser ces pièces quitte à réaliser une embarcation moins solide ce qui ne présentait pas d’inconvénient compte tenu de sa destination finale vers les musés nationaux canadiens. Il semble que la construction du canot à l’ancienne et sans moule, les varangues étant façonnées dans une forme concave demande plus d’habileté de la part de l’artisan qu’une construction avec moule ou les varangues (appelés membrure par mon père) sont cintrées à la vapeur d’eau en prenant appui sur le moule. Il est probable que le père de Albert Birote qui avait la même génération que celle de mon père réalisait déjà ses canots en utilisant cette technique.
L’auteur espère que
l’amateur de culture indienne, le
navigateur ou l’artisan en mal d’authenticité trouveront matière à réflexion
dans cette petite histoire.
Lire également l'histoire et les méthodes de construction d'un kayak en peu de phoque tels qu'ils étaient réalisés par le Inuits au Groenland
(Texte de Loïk Bourdon et images de Guillaume Marion)